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Conférence-Débat du 17 décembre 2015 avec Bernard LAPONCHE

Rédigé le Vendredi 18 Décembre 2015 à 18:00 | Lu 270 fois

Après avoir donné la parole à un promoteur du projet CIGEO, le Cercle a tenu à inviter un contradicteur.
Bernard LAPONCHE est un physicien nucléaire qui a mené sa carrière au Commissariat à l'Energie Atomique, à l'Agence française pour la maitrise de l'énergie puis auprès du ministre de l'environnement. Il reste très impliqué dans la politique énergétique et du nucléaire civile.
Membre fondateur de l'association Global Chance, il est l'auteur de nombreux livres et articles.


Les propos

La variété de déchets radioactifs à stocker à Bure entre MAVL et HAVL est très grande. D'où la grande difficulté de ce stockage.

Certains de ces déchets ne devraient clairement pas être stockés en profondeur comme par exemple les déchets bitumés, dégageant beaucoup trop d'hydrogène.

Ceux qui seront stockés devront être conformes à diverses caractérisations. Mais que se passera-t-il s'ils ne sont pas conformes, et sont malgré tout stockés ?

À la suite du débat public de 2014, il a été décidé de passer par une phase expérimentale d'une dizaine d'années avant d'engager le stockage définitif. Pourtant,cette décision n'est pas satisfaisante : mener simultanément une phase industrielle pilote et la construction des phases suivantes entraîne des risques extrêmement élevés, bien supérieurs à ceux qui sont envisagés après fermeture définitive.

Il serait moins hasardeux de réaliser d'abord une installation de taille raisonnée, représentative du stockage projeté, recevant une certaine quantité de déchets de toutes les catégories concernées, et capable de permettre – pendant 50 à 70 ans – l'observation scientifique d'accidents provoqués, afin de pallier les effets négatifs pouvant en résulter.

Un tel scénario donnerait à la recherche scientifique un délai appréciable pour faire avancer les connaissances et envisager d'autres options. En effet, la science nucléaire n'a fait aucun projet majeur depuis 60 ans, et il est évident qu'elle devrait en faire si on lui en donne les moyens et le temps.


En bref, les conditions de réalisation d'un stockage profond sont :

– la révision de l'inventaire des déchets à stocker,

– la réalisation d'un pilote industriel de démonstration en période suffisamment longue avant décision,

– prévoyant notamment des tests sur la récupérabilité des déchets en cas de difficultés de tous ordres (voir celles du stockage de Asse, en Allemagne), ou de succès de la recherche.


Une solution alternative ?

-porter la période de suivi et de contrôle des stockages existants à 300 ans minimum (temps de refroidissement des MOX),

– Intensifier la recherche pour réduire la dangerosité des déchets,

– stockés à sec en sub– surface (différents exemples en cours).
 


Ce que l’Est Républicain en a retenu !


Pour en connaitre plus sur les positions de Bernard LAPONCHE

Interventions dans le cadre de la formation d'un panel de citoyens organisé par le commission nationale du débat public: